~ carnet de terrain ~

Du compost au pot de fleurs : fabriquer un sol vivant ensemble

En avril 2026, j'ai animé un atelier à Belleville-en-Beaujolais pour la Communauté de communes Saône-Beaujolais (CCSB), avec son service Développement durable, dans le cadre de « Tous au compost ». Un petit groupe d'adultes est venu découvrir comment fabriquer un sol vivant dans un pot de fleurs. Les échanges ont vite rejoint des questions très quotidiennes : les fleurs, le jardinage en appartement et ce qu'on peut planter selon la saison.

  • Avril 2026
  • Belleville-en-Beaujolais
  • Un petit groupe d'adultes
Fabrice anime l'atelier compost autour d'une table avec les participants, dont les visages sont floutés
~ l'atelier Tous au compost, ensemble autour de la table ~

~ les envies du groupe ~

Que vient-on chercher dans un atelier compost ?

On arrive avec un thème commun, mais chacun a son jardin en tête.

Pour certains, ce sont des fleurs en pot. Pour d'autres, la question du compostage en appartement. Et puis il y a cette interrogation qui revient dès qu'on parle de planter : qu'est-ce que je peux faire pousser à cette période de l'année ?

Ces questions ont donné sa couleur à l'atelier. Le compost nous réunissait, mais les envies allaient bien au-delà du bac où l'on dépose ses épluchures.

C'est ce que j'aime dans un petit groupe : les échanges trouvent leur place, et le contenu se rapproche de la vie des participants.

Légumes et plantes cultivés dans des pots sur l'ancienne terrasse de Fabrice
~ mon ancienne terrasse cultivée en pots, de 2017 à 2025 ~

~ une expérience de jardinier ~

Pourquoi commencer par une terrasse ?

Mon point de départ, c'est ma propre terrasse. En 2017, j'ai commencé avec deux sacs cabas pour tester la culture en lasagne : assembler des matières organiques et y faire pousser des plantes. Cette expérience a ensuite pris la forme d'un potager en pots, que je partage sur Le Potager Minimaliste.

C'est cet exemple qui sert de fil à l'atelier. Comment jardiner dans un contenant exposé au soleil et au vent ? Comment entretenir la fertilité sans remplacer toute la terre à chaque saison ?

Un pot permet d'aborder ces questions à une échelle familière. Même sans jardin, on peut observer ce qui sèche, ce qui se transforme et ce qui pousse.

Des mains gantées ajoutent des épluchures à une jardinière pendant l'atelier Tous au compost
~ ajouter les épluchures dans la jardinière ~

~ les mains dans la matière ~

Comment le sol vivant tient-il dans un pot ?

Au parc Popi, à Belleville-en-Beaujolais, la partie pratique nous réunit autour de la table : des pots et des jardinières, des épluchures, des matières sèches. Les mains gantées prennent la matière et la déposent dans les contenants. Le compost quitte les explications pour devenir un geste.

Le principe de la culture en lasagne est de cultiver pendant que les matières se décomposent. Les épluchures, les feuilles mortes et le compost ont chacun leur place dans cette transformation. Des organismes, dont les vers, participent au travail qui rend progressivement cette matière disponible pour les plantes.

On relie ainsi deux gestes du quotidien : garder des matières organiques et faire pousser quelque chose. Ce qui sort de la cuisine peut entrer dans la vie d'un pot.

L'atelier laissait aussi une suite : un pot à terminer à la maison. L'expérience pouvait continuer chez soi.

~ du sol aux plantations ~

Et qu'est-ce qu'on plante dedans ?

La question des plantations selon le mois a particulièrement accroché le groupe.

Elle reliait le sol à une envie précise : faire pousser quelque chose. Des fleurs, par exemple. Le jardinage en pot ne se limite pas aux légumes, et les échanges l'ont bien rappelé.

Le choix dépend aussi du lieu où le pot va vivre. Un balcon ombragé et une terrasse en plein soleil n'offrent pas les mêmes conditions. Menthe, persil, fraisiers ou tomates : choisir une plante, c'est aussi regarder son exposition et tenir compte de la saison.

Personnellement, je retiens ce lien entre deux sujets qu'on traite parfois séparément : comprendre ce qui nourrit une plante et choisir ce qu'on a envie de cultiver. Le pot les réunissait.

~ la suite, chez soi ~

Que reste-t-il après l'atelier ?

Le pot continue à évoluer. La matière se transforme, le volume se tasse, les plantes prennent leur place. L'entretien consiste aussi à observer ces changements : garder le mélange humide, protéger la surface et apporter de la matière au fil de la vie du pot.

Un retour reçu en juin donne une suite concrète à l'atelier d'avril. La composition s'était tassée ; de la terre avait été ajoutée, puis des dipladénias plantés au début du mois. À ce moment-là, les fleurs étaient décrites comme résistant bien à la chaleur et retombant en cascade.

C'est une suite documentée, à l'échelle d'un pot. Elle raconte ce que la réalisation devient quand quelqu'un se l'approprie : on observe, on complète, on choisit ses plantes.

~ le fil qui relie ~

Qu'est-ce que ce geste permet de comprendre ?

Une épluchure, une feuille morte et une plante dans un pot semblent appartenir à trois histoires différentes. L'atelier les remet dans le même cycle : une matière se transforme et contribue à nourrir ce qui pousse.

C'est ce lien que je cherche à rendre concret. Les mains font le geste, puis le pot permet d'en suivre la suite. Le compost rejoint une envie de fleurs, d'aromatiques ou de légumes, et cette envie donne une raison de continuer à prendre soin du sol.

~ l'atelier, pour votre public ~

L'atelier Terre vivante en pots

Cette intervention est une déclinaison de l'atelier Terre vivante en pots. Le principe et les possibilités pour votre public sont présentés sur la page de l'offre.

Découvrir l'atelier Terre vivante

~ échange sans engagement, réponse sous 48 h ~

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